Un château Louis XIII toujours habité

Construit entre 1622 et 1630 par Claude Ier Gallard, le château de Courances a connu de nombreux changements au fil des siècles.

Après avoir été laissé à l’abandon au cours du 19ème siècle, il fut entièrement restauré à partir de 1872 par la Baron Samuel de Haber, riche banquier suisse à la recherche d’une grande demeure. Le baron Samuel de Haber en a profité pour rajouter des éléments importants, dont le fameux escalier en fer à cheval, inspiré du château de Fontainebleau, et les briques rouges sur toutes les façades, typiques de l’époque Louis XIII, mais inexistantes jusqu’à la fin du 19ème. On dit alors du château de Courances qu’il est deux fois Louis XIII !


Aujourd’hui, le château est encore privé, et il abrite quatre générations de Ganay.


Du 15ème au 19ème siècle


Suite aux désordres de la Guerre de Cent Ans, des bourgeois parisiens, les Lapite, achètent la seigneurie de Courances en 1460. François Ier mettait en ce temps-là le château de Fontainebleau et ses environs à la mode. Cosme Clausse, secrétaire d’état d’Henri II, déjà propriétaire du château voisin de Fleury-en-Bière, acquiert en 1552 le domaine pour son second fils. On doit aux Clausse le Grand canal (le second en France, le premier est à Fleury, le troisième fut voulu par le roi, à Fontainebleau), le Dôme, la Salle d’Eau et le « pré en l’île ».


Les Gallard poursuivent ce programme d’embellissement à partir de 1622 et donnent au parc sa physionomie classique. Les Gallard construisent un nouveau château en 1630. La veuve de Nicolas Pottier de Novion crée le grand Miroir au milieu du XVIIIe. Le domaine entre par mariage dans le patrimoine des Nicolaÿ. Le père et le fils sont décapités à la Révolution. Le domaine est restitué à la famille mais Théodore de Nicolaÿ, légitimiste, s’exile en Suisse en 1830 et le domaine sombre petit à petit dans l’abandon.


Les grands travaux de la fin du 19ème et du 20ème siècle


Presqu’un demi siècle plus tard, en 1872, le baron de Haber (1812-1892) l’acquiert et le restaure avec l’aide d’Hippolyte Destailleur, architecte à la mode qui sauvera ensuite Vaux-le-Vicomte, et de son gendre, Octave de Béhague. Ils inventent un archétype de l’architecture Henri IV-Louis XIII en plaquant une façade briques et pierre, ils bâtissent des communs monumentaux (qui brûlèrent en 1976), ils disposent, côté parc, des broderies de buis et copient l’escalier en fer-à-cheval du château de Fontainebleau.


Berthe et Martine héritent de leur grand-père en 1892. L’aînée reçoit Courances. Elle et son époux Jean de Ganay réinventent le parc « à la française » avec l’aide des Duchêne, paysagistes, le père et le fils, de 1899 à 1914 en respectant admirablement le génie des lieux. Ainsi, on pourrait croire les pièces d’eau du Fer à cheval et de la Baigneuse dessinées par Le Nôtre !


Histoire récente : de la Seconde Guerre Mondiale à nos jours

De 1940 à 1955 : trois occupations. D’abord les Allemands, de 1940 à 44, un cantonnement pour les « rampants » de la Luftwaffe. Ensuite, un camp disciplinaire américain dans les communs de 1944 à 1946. Enfin, le maréchal Montgomery, adjoint au commandement des troupes de l’OTAN, basé à Fontainebleau, de 1949 à 55 – il a laissé le très grand billard derrière lui.


Hubert, fils aîné de Berthe et filleul de Martine de Béhague, avec son fils Jean-Louis ( 1922 – 2013) marié à Philippine de Noailles ( née en 1925) s’attèlent à faire disparaître les traces de ces occupations successives et certains éléments ajoutés par l’architecte Destailleur.


A l’occasion de la sortie du livre Courances, chez Flammarion en 2003, sous la direction de Laurent Le Bon et Valentine de Ganay, un journaliste écrivait : « On mesure l’apport de Jean-Louis de Ganay, qui a considérablement simplifié Courances (…) faisant basculer ce parc géométrique dans une modernité qu’il n’avait peut-être pas préméditée, signant là un jardin du XXe siècle. »



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